Je revalorise ma forêt avec le robinier (faux-acacia)

Robinia pseudo acacia L. est un genre d’arbres, les robiniers, de la famille des Fabaceae
(légumineuses), sous-famille des Faboideae, originaire de l’est de l’Amérique du Nord.
Le nom de cette espèce vient de Jean Robin, botaniste français, qui introduisit en France en 1601
le robinier faux-acacia. Des rejets des premiers exemplaires, prélevés par son fils Vespasien
Robin, vivent encore actuellement dans le 5e arrondissement de Paris dans le square Viviani et
dans le Jardin des Plantes. Ils ont le privilège d’être les plus vieux arbres de Paris et les plus vieux d’Europe

C’est un arbre à croissance rapide et de grande longévité. Avide de lumière on le rencontre
principalement en lisière de forêt ou planté en alignement au bord des routes ou des voies ferrées,
ainsi que dans les agglomérations en raison de sa grande résistance à la pollution. Résistant bien
au froid, le robinier peut croître et se multiplier rapidement dans les sols et sous les climats les plus
variés, préférant toutefois les terrains légers mais bien approvisionnés en eau. Il rejette très
vigoureusement de souche et drageonne abondamment, ce qui le rend parfois envahissant en
milieu forestier et en bordure de champ. Il est souvent utilisé pour le reboisement des zones
stériles et la fixation de terrains présentant des risques d’ affaissements. Ses racines ont la faculté
de fixer l’azote de l’air comme la luzerne.
La création de boisements
La plantation
Le terrain doit être préalablement désherbé en cas de forte présence de graminées. Puis, des
entretiens mécaniques ou un désherbage chimique sur la ligne de plantation sont nécessaires les
deux premières années.
La plantation, réalisée sur terrain agricole ou forestier, s’effectue sur un sol travaillé (labour en
plein ou en bande) suivant une densité de 1200 à 1700 plants/ha (4mx2m ou 3mx2m). Pour éviter
la formation de fourches basses on préconise de couper au girobroyeur la plantation en mars ou

avril dès que les plants atteignent 3 à 4m.
Cette technique donne de bons résultats sur les sols à texture grossière mais peu s’avérer moins
performante sur les sols lourd ou si la concurrence avec les herbacées est mal maîtrisée.
Le semis direct
Cette technique nécessite une excellente préparation du sol, une maîtrise parfaite de la
concurrence herbacée et de la période de germination. Le choix des terrains est également plus
limité car il faut éviter les sols battants ou desséchants.
Le labour de type agricole est réalisé de préférence en plein, en fin d’hiver avec une charrue à
soc. La période de semis la plus favorable se situe de mi-mai à mi-juin dès que les températures
journalière atteignent 20°c. Le semis peut être pratiqué à la volée ou au semoir pneumatique de
type maïs qui permet de semer 4 à 8 rangs séparés de 80 cm. On veillera à établir des bandes
non semées qui constitueront les futures voies de pénétration dans la parcelle. En général, on
sème de 2,4 à 3 kg de graines par hectare. Les graines devront être ébouillantées ou scarifiées à
sec par passage pendant une heure dans une bétonnière tapissée de toile émeri ou contenant une
part égale de sable afin de réduire par abrasion la pellicule protectrice de ces graines.
Améliorer les boisements existants
Stimuler le drageonnage
Réalisée juste après la coupe rase ou après une repousse naturelle (intervention en mars ou
avril) cette technique, passage d’un cover-crop ou d’un gyrobroyeur suivant les sols, vise à
blesser le réseau racinaire superficiel des arbres et rabattre les rejets de souche. On augmente
ainsi considérablement le nombre de drageons indépendants, très droits et très stables. Le

peuplement sera composé de sujets avec une meilleure rectitude, une croissance initiale plus forte
et un renouvellement des systèmes racinaires. Comme pour le châtaignier, les grumes issues de
rejet de souches peuvent présenter des roulures.
L’éclaircie
Les différents essais n’ont pour l’instant pas permis de démontrer l’intérêt réel de l’éclaircie sur les
peuplements de robinier faux acacia.

Le marché du robinier 
Le bois de robinier est reconnu d’excellente qualité, équivalente et surtout plus régulière que
celui du teck. En France, l’offre est assez limitée faute d’un véritable gisement, les lots sont petits
et la concurrence du piquet se révèle partout très vive à cause des besoins (vigne et élevage) et
du prix sur pied relativement intéressant qui n’incite pas à attendre l’obtention d’un diamètre de
bois d’oeuvre.
Le bois de robinier est employé assez jeune, aux environs de 20 à 30 ans, avec des diamètres
inférieurs à 25 cm pour une utilisation exclusive en piquets et chauffage. Il se négocie sur pied
entre 25 et 40€/m3 soit 17 à 27€/stère pour le piquet et 8 à 10 €/stère pour le chauffage. Pour le
bois d’oeuvre, on constate des prix variant de 60 à 80€/m3.
Avec la montée en puissance du bois-énergie, du biocombustible et bientôt des bio-carburants
de seconde génération cette logique de production à long et moyen terme va tendre à être
bousculée au profit de productions à plus court terme. En effet, le robinier trouve également un
intérêt dans l’accompagnement des plantations de feuillus précieux (merisiers, noyers…) par
exemple, en offrant une possibilité de récolte rapide de biomasse forestière pour le bois énergie.