Le programme Dynamic Bois dynamise-t-il la forêt et le bois énergie ?

Dynamic Bois a impulsé des actions de gestion forestière et des investissements pour la mobilisation du bois énergie. Malgré quelques déconvenues sur le terrain.

Opérations sylvicoles pour l’amélioration des peuplements forestiers, mobilisation de bois énergie, actions collectives… Le programme Dynamic Bois s’accompagne de retombées concrètes, en dépit du retard pris par certains projets.

Deux vagues de projets
En 2015 puis en 2016, l’Ademe a sélectionné 43 initiatives au total, dans toutes les régions de France métropolitaine, lors de deux appels à manifestation d’intérêt Dynamic Bois. Ces projets couvrent 38 200 hectares de peuplements forestiers, et représentent un total de 148 millions d’euros, pour 55 millions d’euros d’aides publiques programmées. L’ensemble doit permettre de récolter 3 à 4 millions de tonnes additionnelles de bois énergie en 4 ans, destinées aux chaufferies à biomasse.

L’Ademe, qui gère ce programme, dresse un bilan d’étape sur les 24 projets de la vague de 2015.

Des investissements pour la mobilisation du bois

Parmi les principaux investissements programmés, la moitié ou plus ont vu le jour en 2016, d’après un premier recensement. Cela comprend 18 plateformes, 16 équipements de préparation et tri des combustibles (cribles, broyeurs…), et 34 machines et outils d’exploitation forestière, tels que porteurs, tracteurs, abatteuses.

Les aires de dépôts ou places de retournement accusent un retard. Elles sont au nombre de 19 de réalisées sur 341 de prévues.

Chantiers publics-privés, ateliers territoriaux, formations

Au-delà des investissements, la dynamique transparaît dans les façons de faire. Le projet Symbiose a impulsé des chantiers en mode public-privé, sous la coordination de l’union régionale des communes forestières en Auvergne-Rhône-Alpes.

Autre exemple, le Parc national des Cévennes a organisé des ateliers territoriaux pour dialoguer sur les perceptions liées à la forêt, dans le cadre du projet Cevaigoual, piloté par le Centre national de la propriété forestière (CNPF) en Occitanie.

Les projets ont aussi donné lieu à des formations, des chantiers vitrines (démonstrations…), visites de terrain et autres réunions d’information.

Groupements forestiers en création

Dans le cadre des projets Dynamic Bois 2015, l’Ademe dénombre plusieurs structures de gestion nouvellement créées ou en passe de l’être :
– deux groupements d’intérêt économique et environnemental forestiers (GIEEF) en cours de labellisation ;
– un groupement forestier de six propriétaires ;
– deux associations syndicales libres de gestion forestière (ASLGF), rassemblant 450 propriétaires ;
– deux groupements informels de dix propriétaires.

Ces structures représentent un ensemble de plus de 3 300 hectares, dont 2 300 hectares pour les deux GIEEF et 966 hectares pour les deux ASLGF.

La gestion durable des forêts, mieux structurée

Les documents de gestion durable des forêts sont un autre fil conducteur des initiatives. Ils sont 76 à avoir été créés ou modifiés, pour près de 2 600 hectares. S’ajoutent 234 adhésions à des codes de bonnes pratiques sylvicoles et 29 à des règlements types de gestion.

Par ailleurs, une convention signée en 2016, entre l’Ademe et l’association France Nature Environnement (FNE), porte sur les liens entre le bois énergie et les enjeux environnementaux, y compris dans le cadre de Dynamic BoisCela va du maintien de gros bois, à la réalisation de voies d’accès (cloisonnements) pour limiter la circulation des engins et réduire l’impact sur le sol, en passant par la restauration de mares en forêt.

Vers une amélioration du suivi des projets

Des dossiers ont connu un démarrage tardif. « Le dispositif d’instruction des demandes d’aide aux travaux sylvicoles est opérationnel depuis le 26 avril 2017. Des prolongations des contrats des projets 2015 pourront être envisagées afin de mener à bien les actions prévues », précise l’Ademe. L’agence met notamment cette situation sur le compte de la dimension collaborative des projets et de la multiplicité des autorités décisionnaires, sources de complexité.

Les prix bas du bois énergie sont aussi un facteur identifié expliquant le report de certains investissements. Dans ce contexte, il arrive que les aides publiques ne suffisent pas à rentabiliser les opérations sylvicoles. Un faible nombre d’opérations ont été annulées.

L’Ademe entend accélérer le traitement des dossiers. Un outil cartographique, développé par le GIP Atgeri*, sert au suivi et au pilotage des projets. Un comité de suivi vient d’être créé au niveau national, associant les parties prenantes.

Après les deux appels à manifestation d’intérêt Dynamic Bois, l’Ademe passe le relais au ministère de l’Agriculture. Rien n’indique que les financements du programme prennent le même chemin.

C. C./Forestopic

* GIP Atgeri : groupement d’intérêt public « Aménagement du territoire et gestion des risques »