ON PEUT FABRIQUER DU GRAPHÈNE AVEC DU BOIS !

Plutôt qu’utiliser du plastique, des chercheurs américains proposent une nouvelle façon de produire le graphène, ce matériau prisé des scientifiques : à partir de bois de pin. Un matériau naturel, abondant et renouvelable.

Résistant, flexible, ultra léger, excellent conducteur… le graphène est l’un des matériaux les plus convoités par les scientifiques. Mais cette feuille de carbone d’un atome d’épaisseur reste difficile à produire.

Pour le fabriquer, il faut un matériau riche en carbone, à l’instar du plastique, issu du pétrole. Mais une équipe de l’Université de Rice à Houston au Texas, conduite par James Tour, vient de réussir à en obtenir à partir de bois, un substrat naturel, abondant et renouvelable.

Pour cela, les chercheurs ont dirigé un laser sur un morceau de bois de pin, dans des conditions de température et de pression ordinaires, mais dans une atmosphère spéciale, à base d’argon ou d’hydrogène. En effet, sans oxygène, le bois ne brûle pas sous l’effet du laser, mais sa surface se transforme en flocons de mousse de graphène.

Le pin offre un graphène de meilleure qualité que le bouleau ou le chêne

Du bouleau et du chêne ont aussi été essayés, mais la haute teneur en lignine (l’un des principaux composant du bois avec la cellulose) du pin s’est révélée la meilleure pour obtenir du graphène de qualité, cette dernière variant également avec l’énergie du laser. « Trop basse, on obtient rien, trop haute on détruit le bois » explique James Tour.

Et l’équipe ne s’est pas arrêtée là. En déposant des couches de cobalt, de phosphore ou de nickel et de fer sur la mousse, elle a obtenu une paire d’électrocatalyseurs, transformant efficacement l’eau en hydrogène et oxygène. Le dépôt d’un polymère (du polyaniline) a, lui, permis de fabriquer un supercondensateur pour stocker de l’énergie.

« Si nous trouvons des investisseurs, les premières applications pourraient être sur le marché dans cinq ans », projette James Tour. Gageons que ces derniers se bousculeront, car le graphène est plein de promesses, notamment en matière de stockage d’énergie.

Article de « sciences et vies »