INCENDIES : LE PIRE SERAIT DE METTRE LA FORÊT SOUS CLOCHE

Juil 2026 | Toutes les sections

Les feux de forêts qui frappent le sud de la France rappellent la vulnérabilité de
certains massifs forestiers face aux risques d’incendies, notamment en période de
canicules. La solution proposée par les forestiers et Fransylva depuis toujours, est la
gestion active : débroussaillement, récoltes, sélection des essences et
renouvellement forestier. Or, la baisse du financement public du renouvellement
forestier et les discours dangereux cherchant à mettre la forêt sous cloche, sont
contraires à la prévention des feux. L’inaction politique ou sylvicole revient à
condamner la forêt française.
Les incendies étant souvent localisés aux abords des routes et des zones urbanisées, cette
situation rappelle que les feux de forêt sont à 90% d’origine humaine, du fait notamment des
imprudences et de l’irresponsabilité d’individus méconnaissant le B.A-BA de la prévention
incendie.
“Les canicules et les incendies alimentent une spirale où la sécheresse aggrave le
dépérissement et favorise le développement des feux de forêt, or une forêt qui dépérit
pompe moins de carbone et donc ne peut jouer son rôle contre les changements
climatiques. Nous devons rompre cet engrenage par une gestion active et durable de la
forêt par ceux qui la connaissent et la vivent”, souligne Anne Dunoyer, vice-présidente de
Fransylva.
Débroussaillement des bordures de zones habitées, des bords de routes, sélection des
essences plus résilientes au changement climatique, travaux forestiers réguliers, récoltes et
coupes sanitaires, retrait des excès de bois morts : la forêt a besoin d’une intervention active
de l’Homme pour prélever le bois (matériau essentiel dans de nombreux secteurs), se
renouveler, assurer son rôle de puits de carbone (les arbres jeunes captent davantage que
les vieux) et lutter contre les facteurs de dépérissement (maladies, parasites, sécheresse
etc.).
Or, les forestiers sont empêchés d’agir en forêt par :

  1. des discours idéologiques promouvant la mise sous cloche de la forêt, dénigrant la
    sylviculture et favorisant le harcèlement des forestiers sur le terrain ;
  2. des politiques publiques à contre-temps comme l’arrêt récent du financement public
    du renouvellement forestier ;
  3. de nombreuses injonctions contradictoires et normes qui empêchent certains travaux
    forestiers indispensables à cette même prévention incendie et au renouvellement
    forestier.
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    “Chaque été, nos forêts brûlent, 9 fois sur 10, l’origine est humaine. Force est de constater
    que les sanctions actuelles ne sont pas assez dissuasives. Mais au-delà du manque de
    fermeté de l’Etat, nous regrettons la place donnée aux discours dangereux appelant à
    sanctuariser la forêt et à ne plus agir. La lutte contre les incendies réside dans la sélection
    des essences, l’espacement des massifs, et effectuer certaines coupes stratégiques. Les
    forestiers sont les sentinelles de ce patrimoine environnemental, laissons-les agir, et
    soutenons-les face aux incivilités permanentes” explique Antoine d’Amécourt, président de
    Fransylva.
    ➢ Alors que ces feux de forêts détruisent chaque année des milliers d’hectares, la
    fermeture du guichet de renouvellement forestier est un signal préoccupant, sur
    lequel Fransylva demande à la Ministre de revenir. Lutter contre les feux de forêt
    implique aussi d’assurer la capacité à renouveler les parcelles.
    ➢ Fransylva demande que les normes et sanctions limitant les actions de prévention
    incendie nécessaires en forêts soient levées afin de gagner en efficacité et en
    sécurité.
    ➢ Par ailleurs, Fransylva déplore auprès de l’État l’absence d’obligation de présence
    d'extincteurs dans les voitures. Obligatoire en Allemagne, en Belgique, en Bulgarie et
    en Pologne, cette mesure de bon sens permet aux automobilistes d’intervenir dès
    l’origine du feu notamment en bordure de routes ou aux abords des maisons, lieux de
    départs d’incendie par excellence.
    ➢ La fédération appelle de plus à renforcer les sanctions contre toute personne ne
    respectant pas les limitations de feu ou de déplacements pris par arrêtés
    préfectoraux. De même une action plus systématique des forces de l’ordre contre les
    occupations illégales de terrains agricoles et forestiers doit être entreprise.
    Fransylva apporte son total soutien aux nombreux particuliers propriétaires de forêts qui sont
    en première ligne face à ces incendies, ainsi qu’aux sapeurs-pompiers qui luttent chaque
    jour contre le feu dans ces conditions difficiles.